Dernière commande
Après quarante-deux ans derrière son établi, le cordonnier arrive au terme de son métier.
Faute de repreneur, l’atelier ferme. Le centre-ville se vide, les commerces disparaissent.
Dans la boutique, tout est encore en place. Les outils, les machines, les bobines de fil.
Les gestes sont précis, inchangés. Il coupe, ajuste, colle, coud.
Le marteau frappe le cuir, la main lisse, la semelle prend forme.
Ce jour-là, il réalise sa dernière commande.
Le temps semble ralentir. Chaque geste compte un peu plus.
Ce n’est plus seulement un travail, mais un passage : celui d’un métier qui s’éteint, sans bruit.
Cette série accompagne cet instant fragile : la fin d’une activité, la fermeture d’un lieu, la dernière trace d’un savoir transmis par la pratique.
Dans Présences du geste, Dernière commande donne à voir l’homme dans son métier, au moment précis où le geste s’accomplit une dernière fois.
Un instant simple et silencieux, où le travail devient mémoire.









