Projection
Avant que le bâtiment n’existe, il y a le plan : un dessin abstrait fait de lignes, de côtes et de chiffres, lisible par ceux qui savent le déchiffrer.
En Suisse, les géomètres traduisent ensuite ce plan dans l’espace réel. À l’aide de gabarits de construction, ils matérialisent le projet à l’échelle du paysage : des traits verticaux, des lignes tendues, des cadres qui indiquent une hauteur, un volume, une présence à venir.
Cette pratique, obligatoire dans de nombreux cantons lors de la mise à l’enquête publique, s’inscrit dans un droit qui accorde une place centrale à la participation des habitants. Les citoyens doivent pouvoir se rendre compte physiquement du projet avant son autorisation.
Ces structures sont provisoires. Ni bâtiment, ni simple outil technique, elles forment une esquisse grandeur nature, installée pour quelques semaines, puis entièrement démontée.
En photographiant ces gabarits, le projet revient vers l’abstraction. Les lignes se détachent du sol, les volumes se dissolvent, la construction redevient dessin et composition.
Projection rejoint Traits d’existence en révélant ces traces temporaires laissées par l’homme pour rendre visible un futur possible : des traits tendus entre l’idée et la matière, avant de s’effacer.







